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La Nintendo Switch 2 a été partiellement jailbreakée : Mario Kart World accueille déjà des personnages improbables

Peter Griffin, Cinnamoroll et Hatsune Miku dans Mario Kart World ? Ce n'est pas une annonce de Nintendo, mais une démonstration de modding réalisée sur Switch 2. Le 22 octobre 2026, le chercheur Sammy Hajhamid a rendu public son exploit ns2jb, développé avec l'assistance d'OpenAI Codex. Cette avancée permet certaines modifications du système sans installer de puce électronique, mais ne transforme pas encore la console en plateforme librement modifiable.

Par Nolind
La Nintendo Switch 2 a été partiellement jailbreakée : Mario Kart World accueille déjà des personnages improbables

Mario Kart World possède déjà un casting généreux. Il lui manquait apparemment Peter Griffin, Cinnamoroll, Hatsune Miku et l'oiseau rouge d'Angry Birds. Ces invités improbables apparaissent désormais dans une démonstration réalisée sur une Nintendo Switch 2 modifiée.

Derrière cette course insolite se trouve une expérience de sécurité informatique beaucoup plus ambitieuse. Le chercheur Sammy Hajhamid, connu sous le pseudonyme pepsipu, affirme avoir développé ns2jb, une méthode permettant d'exécuter du code non officiel sur la console sans modification matérielle.

Son travail technique est daté du 18 octobre 2026. La démonstration a largement circulé le 22 octobre, avant d'être reprise par The Verge et plusieurs médias spécialisés.

Le terme jailbreak a rapidement attiré l'attention. Il faut pourtant le manier avec précaution : la méthode présentée constitue une percée expérimentale, pas une solution permettant à tous les propriétaires de Switch 2 d'installer librement leurs logiciels.

Mario Kart World sert de vitrine à la démonstration

Pour montrer ce que permet son travail, Hajhamid a choisi Mario Kart World, l'un des titres emblématiques de Nintendo Switch 2.

Les vidéos et photographies publiées sur son site présentent une console exécutant une version modifiée du jeu. Plusieurs personnages issus d'autres univers apparaissent dans la course et sur les écrans de résultats.

Cinnamoroll, personnage de Sanrio, côtoie notamment des invités issus d'Angry Birds, de l'animation et d'autres franchises populaires.

La démonstration montre que le chercheur a réussi à modifier certains contenus d'un jeu Switch 2. Elle ne prouve pas que tous les jeux de la console peuvent déjà être modifiés de la même manière.

La distinction est importante. Modifier des éléments visuels dans un titre précis ne signifie pas que l'ensemble du système est devenu librement accessible ni que toutes ses protections ont disparu.

Cette expérience reste néanmoins significative. Mario Kart World est un jeu conçu spécifiquement pour Switch 2, et non une simple application héritée de l'ancienne génération.

La porte d'entrée vient d'un programme de la première Switch

L'un des aspects les plus étonnants du projet concerne son point de départ : SmileBASIC 4.

Ce logiciel permet aux utilisateurs d'écrire et d'exécuter de petits programmes en BASIC. Il a été commercialisé pour la première Nintendo Switch.

Hajhamid a étudié son fonctionnement sur Switch 2 grâce à la rétrocompatibilité. Il explique avoir identifié, avec l'aide de Codex, une vulnérabilité dans l'interpréteur du langage.

L'exploitation de ce problème a fourni un premier accès à des zones mémoire normalement protégées. Le chercheur a ensuite poursuivi ses investigations sur certains services internes de la console.

Il est intéressant de constater que le point d'entrée provient d'un environnement conçu pour encourager la programmation. Cela ne signifie pas que SmileBASIC permet normalement d'accéder aux protections du système.

Le problème réside dans une vulnérabilité de son fonctionnement interne, et non dans le principe même de pouvoir créer des programmes en BASIC.

Pas de puce à installer, mais pas de solution miracle

La méthode est entièrement logicielle. Elle ne nécessite pas de démonter la console pour souder une puce ou modifier physiquement ses circuits.

Cette caractéristique constitue l'une de ses principales différences avec les approches matérielles historiquement utilisées pour certaines consoles.

Mais ns2jb possède une restriction majeure : il est dit tethered, c'est-à-dire dépendant d'une procédure externe.

Le chercheur indique que la méthode doit être réactivée après chaque redémarrage de la console. Les modifications ne restent pas installées de façon permanente dans le système.

Il n'est donc pas question d'un déverrouillage conservé automatiquement à chaque allumage.

GBAtemp précise également que l'exploit ne constitue pas, à ce stade, un firmware personnalisé complet. Il n'offre pas non plus une prise de contrôle générale du noyau.

Pour un joueur ordinaire, la différence est considérable. La démonstration relève encore d'une expérimentation technique complexe.

L'intelligence artificielle a aidé, mais elle n'a pas tout fait

L'autre particularité de cette histoire concerne l'utilisation d'OpenAI Codex.

Hajhamid explique avoir confié à plusieurs agents des tâches de recherche et d'expérimentation. Le système pouvait tester des pistes, observer certains résultats et poursuivre des investigations.

Le développeur avait préparé un dispositif lui permettant d'interagir avec les consoles à distance, notamment grâce à des interfaces de capture et de contrôle.

Mais il tient à corriger une interprétation possible : l'IA n'a pas reçu une simple instruction avant de trouver toute seule une méthode complète de jailbreak.

L'objectif initial d'obtenir automatiquement une exécution de code en espace utilisateur n'a pas été atteint directement. Le chercheur raconte avoir consacré environ deux semaines d'efforts importants à l'ensemble du projet.

La modification de Mario Kart World a été réalisée beaucoup plus rapidement, avec l'aide de Codex, en une journée selon ses déclarations.

L'expérience illustre donc une collaboration entre recherche humaine et automatisation, plutôt qu'une IA agissant seule sans expertise préalable.

Qu'est-ce que cela change pour les jeux Switch 2 ?

Le premier intérêt concerne les créations non officielles, généralement appelées homebrew.

Ces programmes peuvent servir à expérimenter, étudier le fonctionnement d'une machine, développer des outils communautaires ou modifier certains comportements de jeux.

Hajhamid décrit également des possibilités d'exploration technique du système et d'accès à certaines données de sauvegarde.

Ces usages relèvent de capacités annoncées par l'auteur. Il ne faut pas les transformer en promesse que chaque joueur pourra immédiatement récupérer ou modifier toutes les données de sa console.

La compatibilité avec les jeux, la stabilité des manipulations et les restrictions applicables restent des questions distinctes.

Le projet pourrait devenir un point de départ pour d'autres recherches. Mais cette perspective ne constitue pas l'annonce d'un outil grand public finalisé.

Nintendo peut-il corriger la faille ?

Comme il s'agit d'une méthode logicielle, des modifications du système ou des applications concernées pourraient théoriquement neutraliser certains éléments de la chaîne d'exploitation.

Le chercheur revendique une compatibilité avec le firmware 23.0.1, présenté comme la version la plus récente au moment de ses travaux.

Aucune réaction officielle de Nintendo détaillant une correction précise n'a cependant été établie dans les sources principales de cette actualité.

Il serait donc prématuré d'annoncer une mise à jour corrective, une interdiction générale de SmileBASIC ou une date à laquelle l'exploit cessera de fonctionner.

Les méthodes de modification non autorisées peuvent également comporter des risques de stabilité, de sécurité et d'accès aux services. Les conditions d'utilisation de Nintendo restent pertinentes pour toute tentative réelle.

Une avancée pour le modding, pas la fin de la sécurité Switch 2

La démonstration est spectaculaire parce qu'elle combine trois éléments rarement réunis aussi visiblement : une console récente, un jeu emblématique et une recherche de vulnérabilités assistée par intelligence artificielle.

Elle montre qu'un chercheur a pu franchir plusieurs protections logicielles et produire des modifications observables dans Mario Kart World.

Mais elle laisse ouvertes de nombreuses questions sur la stabilité, la reproduction des résultats et les limites des permissions obtenues.

La Switch 2 n'est pas devenue une console entièrement déverrouillée du jour au lendemain.

Pour l'instant, ns2jb reste surtout une démonstration importante pour les passionnés de modding et de recherche sur la sécurité. Les autres joueurs peuvent simplement apprécier l'image improbable d'un personnage de dessin animé débarquant dans une course Nintendo, en gardant à l'esprit que cette fantaisie repose sur un travail technique loin d'être accessible en quelques clics.