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Nintendo Switch 2 piratée : une nouvelle faille permet d'extraire des fichiers de jeux, mais pas encore de lancer des copies

La sécurité de la Nintendo Switch 2 vient de connaître sa première avancée majeure du côté des chercheurs en piratage logiciel. Depuis le 22 octobre 2026, l'exploit ns2jb permet d'exécuter du code non officiel et d'accéder à certaines fonctions du système. De nouvelles expérimentations, relayées notamment par Kotaku le 26 octobre, concernent désormais l'extraction de fichiers de jeux. Mais il faut distinguer cette percée technique d'un piratage intégral : aucun système public permettant de lancer librement des copies de jeux Switch 2 n'a été démontré.

Par Maëlle
Nintendo Switch 2 piratée : une nouvelle faille permet d'extraire des fichiers de jeux, mais pas encore de lancer des copies

Des personnages inattendus dans Mario Kart World, un logiciel de programmation retiré de l'eShop et des chercheurs qui commencent à examiner les fichiers internes de la console : en quelques jours, la scène du hacking de la Nintendo Switch 2 s'est considérablement animée.

Tout a commencé le 22 octobre, lorsque Sammy Hajhamid, connu sous le pseudonyme pepsipu, a présenté ns2jb. Cet exploit logiciel constitue une avancée importante dans l'étude des protections de la nouvelle console de Nintendo.

Quatre jours plus tard, plusieurs médias rapportent de nouvelles expérimentations concernant les fichiers système et les ressources des jeux. La situation évolue rapidement, mais les résultats réellement démontrés restent plus limités que ne le suggèrent certains titres annonçant une console entièrement piratée.

Une première faille importante découverte sur Switch 2

La méthode ns2jb repose sur des vulnérabilités logicielles. Elle ne nécessite pas de modification physique de la console ni l'installation d'une puce électronique.

Le chercheur utilise SmileBASIC 4, un environnement de programmation initialement commercialisé sur Nintendo Switch. Grâce à la rétrocompatibilité, ce logiciel peut également fonctionner sur Switch 2.

Une erreur dans la gestion de certaines opérations permet de dépasser les restrictions normalement imposées au programme. L'exploit s'appuie ensuite sur une vulnérabilité du module système chargé des fichiers afin d'obtenir des capacités plus importantes.

Sammy Hajhamid a documenté la découverte et son fonctionnement général dans une publication technique accessible sur son site.

Les résultats ont notamment été présentés sur une console utilisant le firmware 23.0.1.

Cette réalisation est significative parce qu'elle dépasse le simple lancement d'un petit programme dans un environnement isolé. Elle ouvre l'accès à certaines fonctions système normalement protégées.

Elle ne donne toutefois pas le contrôle complet de la machine.

Mario Kart World modifié pour démontrer la faille

Pour montrer ce que permettait son exploit, le chercheur a choisi une démonstration particulièrement visible : modifier les personnages de Mario Kart World.

Les images publiées montrent notamment des modèles issus d'autres univers populaires, comme Hatsune Miku ou Peter Griffin, intégrés à la place de personnages du jeu.

Cette démonstration confirme que l'accès obtenu permet certaines modifications du contenu logiciel.

Elle ne signifie pas que Nintendo a officiellement ajouté ces personnages, ni qu'ils peuvent être utilisés normalement dans les parties en ligne.

Les modifications présentées relèvent du modding, pratique consistant à changer certains éléments d'un jeu existant.

Le modding et le piratage commercial ne sont pas synonymes. Modifier des modèles graphiques ne prouve pas qu'une console puisse installer et exécuter des copies non autorisées de jeux.

C'est précisément cette distinction qui est devenue centrale dans les discussions entourant ns2jb.

Les chercheurs commencent à accéder aux fichiers des jeux

La situation s'est accélérée pendant le week-end du 24 octobre.

Plusieurs personnes impliquées dans la recherche sur la Switch 2 ont annoncé de nouvelles possibilités d'extraction et d'analyse des fichiers.

Des ressources attribuées à Deltarune et à une version de développement de The Duskbloods ont notamment été évoquées dans les échanges de la communauté.

Kotaku rapporte le 26 octobre que les nouvelles capacités d'accès au système de fichiers ouvrent la voie à l'extraction de composants logiciels et à une analyse approfondie du fonctionnement de la console.

Mais une précision est indispensable. Le fait de récupérer des modèles, des ressources ou certains fichiers ne correspond pas nécessairement à obtenir une copie intégrale et fonctionnelle d'un jeu.

TweakTown souligne le même jour qu'aucun dump complet de jeu Switch 2 n'a encore été vérifié publiquement.

GBAtemp, dont les équipes suivent directement les recherches de la communauté, confirme également que plusieurs revendications concernant des extractions intégrales restent contestées ou insuffisamment démontrées.

Il existe donc une avancée réelle dans l'accès aux données, mais pas encore de preuve solide d'un système permettant de dupliquer et d'exécuter librement les jeux commerciaux.

Pourquoi ce n'est pas encore un piratage complet

Le terme jailbreak est souvent utilisé comme s'il désignait une situation unique. En réalité, plusieurs niveaux de contrôle sont possibles.

Dans le cas de ns2jb, les chercheurs peuvent exécuter du code non officiel avec certains privilèges du module de gestion des fichiers.

Ce niveau d'accès permet d'étudier différentes structures internes, de sauvegarder certaines données et d'expérimenter des logiciels non autorisés par le constructeur.

En revanche, les travaux publiquement documentés ne montrent pas de prise de contrôle complète du noyau système.

Ils ne démontrent pas non plus l'existence d'un firmware personnalisé permettant de remplacer durablement l'environnement logiciel officiel.

Enfin, aucun mécanisme public comparable à un installateur de jeux commerciaux copiés n'est confirmé.

La distinction est essentielle : une console dont certaines protections ont été contournées n'est pas automatiquement une console capable de lancer n'importe quel jeu téléchargé illégalement.

Un jailbreak temporaire qui nécessite encore du matériel externe

Autre limite importante : ns2jb n'est pas permanent.

Les chercheurs parlent d'un exploit non persistant, parfois qualifié de tethered jailbreak.

Concrètement, ses effets disparaissent au redémarrage de la console. Il faut ensuite réactiver la méthode pour retrouver les mêmes possibilités.

La démonstration actuellement documentée nécessite également l'assistance d'un ordinateur.

Il ne s'agit donc pas d'une solution installée une fois pour toutes, qui fonctionnerait automatiquement après chaque démarrage.

Les chercheurs étudient la possibilité d'utiliser d'autres points d'entrée ou d'améliorer la persistance de certaines modifications.

Ces pistes demeurent des recherches et ne doivent pas être présentées comme des fonctionnalités déjà disponibles.

Cette complexité limite, pour le moment, l'intérêt pratique de la méthode pour le grand public.

Quel rôle l'intelligence artificielle a-t-elle réellement joué ?

L'histoire a également attiré l'attention en raison du rôle joué par l'intelligence artificielle.

Sammy Hajhamid explique avoir utilisé Codex d'OpenAI pour l'aider dans certaines étapes de recherche.

Des outils automatisés ont notamment permis de multiplier les expérimentations et de travailler sur les conditions mémoire nécessaires à la stabilité de l'exploit.

Le chercheur avait mis en place un dispositif permettant de tester des hypothèses sur de véritables consoles et d'observer les résultats.

Il indique avoir consacré environ deux semaines à cette recherche.

Il serait donc trompeur de résumer l'événement en affirmant qu'une intelligence artificielle aurait piraté seule la Nintendo Switch 2.

L'IA a constitué un outil d'assistance dans un travail comprenant la préparation des expériences, l'analyse des résultats et la compréhension de plusieurs vulnérabilités.

L'intérêt de cette utilisation tient notamment à l'automatisation d'une partie des essais, qui peuvent être longs et répétitifs lors de recherches sur la sécurité logicielle.

Nintendo retire SmileBASIC 4 de l'eShop

La découverte a rapidement eu une conséquence visible sur les boutiques numériques.

SmileBASIC 4, le logiciel utilisé comme point d'entrée dans la démonstration initiale, a disparu de plusieurs versions régionales du Nintendo eShop.

Nintendo Life, Ars Technica et GBAtemp ont documenté ce retrait.

Il semble cohérent avec une volonté de limiter l'accès au logiciel exploité, mais Nintendo n'a pas publié de déclaration officielle détaillant les raisons de cette suppression.

Il faut donc distinguer le retrait observé de l'explication qu'on pourrait lui attribuer.

Supprimer une application d'une boutique ne revient pas non plus à corriger automatiquement toutes les vulnérabilités présentes dans le système d'exploitation.

Des chercheurs évoquent déjà la possibilité de déclencher certaines étapes à partir d'autres logiciels.

Aucun correctif système officiellement présenté comme une réponse à ns2jb n'a été confirmé dans les sources consultées au 26 octobre.

Homebrew, émulation et copies de jeux : trois sujets différents

Les conséquences possibles de cette découverte dépassent la seule question du piratage commercial.

Un homebrew est un programme conçu pour fonctionner sur une machine sans passer par les circuits habituels de validation du constructeur.

Il peut s'agir d'un petit jeu amateur, d'un outil technique ou d'un logiciel destiné à explorer les capacités du matériel.

Des démonstrations de lanceurs homebrew ont été publiées rapidement après l'annonce de ns2jb.

Mais l'existence d'un tel lanceur ne prouve pas qu'un environnement complet et stable soit disponible.

L'émulation représente encore un autre domaine. Exécuter sur un ordinateur un programme conçu pour une console demande de reproduire une partie suffisante de son fonctionnement.

Pouvoir examiner des fichiers issus de la Switch 2 peut aider les chercheurs travaillant sur l'émulation, mais cela ne signifie pas qu'un émulateur soit déjà capable de faire fonctionner les jeux commerciaux de la machine.

Enfin, la possibilité d'exécuter des copies non autorisées nécessiterait de franchir des obstacles techniques supplémentaires.

À ce stade, ces trois domaines progressent à des rythmes différents et ne doivent pas être confondus.

La première Switch avait connu une situation différente

La comparaison avec la Nintendo Switch originale revient fréquemment dans les discussions.

En 2018, une vulnérabilité importante affectant certaines consoles de première génération avait permis un accès particulièrement profond au système.

La nature matérielle de cette faille avait compliqué les possibilités de correction sur les machines concernées.

Le cas actuel de la Switch 2 est différent.

ns2jb repose sur des faiblesses logicielles et ne procure pas, dans les démonstrations publiées, le même niveau de contrôle sur le démarrage et le noyau de la machine.

Les failles documentées pourraient donc potentiellement faire l'objet de correctifs logiciels.

Il reste impossible de déterminer si les chercheurs découvriront ensuite une vulnérabilité plus importante, ni si Nintendo parviendra à bloquer toutes les méthodes dérivées.

L'histoire de la première Switch fournit un contexte, pas un calendrier prévisible pour le piratage de sa remplaçante.

Quels sont les risques pour les propriétaires de Switch 2 ?

L'utilisation de logiciels exploitant des vulnérabilités système peut comporter des risques pour les appareils et les données.

Une erreur pendant une modification peut notamment provoquer des dysfonctionnements ou une perte d'accès à certains contenus.

Les utilisateurs doivent également tenir compte des conditions d'utilisation des services Nintendo, qui encadrent les modifications non autorisées.

Il serait cependant incorrect d'affirmer que chaque expérience menée avec ns2jb entraîne automatiquement le bannissement de la console ou une panne matérielle.

Les informations vérifiées ne démontrent pas un tel résultat systématique.

Le projet reste expérimental. Les démonstrations publiées visent essentiellement des personnes disposant de connaissances techniques suffisantes pour comprendre les conséquences des manipulations.

Pour les utilisateurs ordinaires, aucune fonctionnalité officiellement prise en charge par Nintendo ne découle de cet exploit.

Une avancée importante, mais encore loin d'une Switch 2 totalement déverrouillée

Les événements du 22 au 26 octobre constituent une étape notable dans l'étude de la sécurité de la Nintendo Switch 2.

Sammy Hajhamid a démontré un jailbreak logiciel non persistant et la modification de Mario Kart World. D'autres membres de la communauté ont depuis présenté des expériences avec des homebrews et des extractions de fichiers.

Cette activité montre que certaines barrières techniques ont effectivement été franchies.

Mais les limites restent importantes : pas de contrôle complet du noyau démontré, pas de firmware personnalisé permanent et pas de méthode publique vérifiée pour installer puis lancer des copies de jeux commerciaux Switch 2.

Le retrait de SmileBASIC 4 de l'eShop constitue une première évolution visible du côté de la distribution logicielle, sans qu'un correctif système spécifique ait été officiellement annoncé.

La véritable actualité n'est donc pas que tous les jeux Nintendo peuvent désormais être piratés. Elle est qu'une communauté de chercheurs commence à accéder à des fonctions jusque-là protégées, ouvrant une nouvelle phase de recherche sur les défenses de la console.

Pour Nintendo, le défi consistera à répondre à ces vulnérabilités. Pour les chercheurs, il reste à déterminer jusqu'où cet accès peut réellement conduire.